J'aime pas le film "Mince alors !"

Publié le par Dunno

mincealors.jpg [Mode super aigrie : activé]

Hier j'ai été à l'avant-première du film "Mince alors", de Charlotte de Turckheim.
Alors bon, je vous arrête tout de suite : ce n'était pas une avant-première superclasse genre projo presse ou vip ou whatever. C'était une avant-première au cinéma UGC, ce qu'ils organisent assez régulièrement, à laquelle tout le monde a accès. Parfois, les abonnés recoivent des invitations où on peut venir en solo ou à deux (ce qui est sympa car la personne invitée a une place gratos - et vu le prix de la place, c'est une aubaine). Donc vraiment, c'est ouvert à tout le monde, même celle où l'équipe du film se traine dans les cinémas de Paris (et sa proche très proche banlieue - oui, la Défense quoi). Y en a certaines où c'est vraiment cool, comme Louis Leterrier qui vient présenter L'Incroyable Hulk, en 2008, et qui reste après le film pour papoter avec les gens... et d'autres qui sont bofs comme pour Polisse où Joey Starr, Marina Fois et Karine Viard sont restés 5 minutes à tout casser, sans même signer un seul othographe...

Bref, tout ça pour dire que si jamais vous allez à ce type d'avant-première, inutile de vous la péter. Hier, alors que je faisais la queue avec mon pote Loulou, on a vu des gens venir réclamer leur place, limite habillés en tenue de soirée "ah, il faut faire la queue ? oui mais on a été invité à l'avant-première..." (avec un accent snob) - oui, comme tous les gens abonnés et qui ont mis ce cinoche en favori. Y a pas de mystères quoi. Ca veut pas dire que tu as un passe-droit ni que tu vas avoir un instant privilégié avec les acteurs.

En fait, si t'es abonné, ça t'apporte que dalle. J'ai jamais compris l'intérêt du coup, vu que tu dois te pointer à une heure précise et quand tu arrives devant la salle, bah ceux qui avaient pris leur billet normalement, ils étaient déja là.

Ainsi commence mon calvaire. Après nous avoir fait poireauter pendant 20 minutes à l'extérieur de la salle, on a enfin pu entrer. La séance était censée commencer à 20h15, donc les pubs démarrent (fût une époque où il n'y avait pas de pub pour les avant-premières, m'enfin bon...) et finalement, on a le droit à la même bande-annonce deux fois (Radiostars, wouhou). Les pubs s'arrêtent et bon,... on re-attend. Au bout de 20 minutes, Charlotte et ses copines débarquent enfin, toutes rigolardes du champagne qu'elles ont picolé en coulisse (oui, le visage rouge, quoi). Il était presque 21 heures et mes espoirs d'être rentrée chez moi à 23 heures se sont déja envolés. Autant quand j'attends l'arrivée de David Cronenberg, Viggo Mortensen et Vincent Cassel (Dave, Vigs et Crochon, pour les intimes), je veux bien patienter autant (la surexcitation a raison de mes nerfs), mais là... voir débarquer Charlotte, flanquée de Lola Dewaere, Catherine Hosmalin (que j'aime beaucoup, en passant) et... une nana que je sais plus qui c'est (la cruche du film), habillées comme si elles allaient faire leurs courses... ça m'a un peu beaucoup soulée (et conforter dans l'idée que le film allait être tout pourri).

En fait, pourquoi j'ai été voir ce film (oui, je te le dis tout de suite : allume une clope et cale toi dans ton siège : aujourd'hui c'est atelier lecture) ? A la base, j'étais pas super emballée : l'histoire de grosses qui vont à la diète et qui font copains-copines, bof. J'ai mon journal intime et mon gros cul à moi si j'ai envie de me marrer (ou pas). Et puis j'ai lu une interview de Charlotte, Victoria (Abril), Lola et Catherine et toutes, hormis Lola qui a eu l'honnêteté d'avouer qu'elle comptait perdre 20 kilos pour percer dans le milieu (d'ailleurs, en passant, grosse ou moins grosse, Lola t'es juste à tomber, je t'aime kiss kiss), ont assurées être bien dans leurs baskets avec leurs kilos. Grosso modo, le message était "oui, bon, j'ai toujours su que mon poids m'avait empêcher d'avoir une carrière de folie... parfois mon poids m'a vraiment déprimé... mais aujourd'hui je m'assume, big is beautiful !". En lisant ça je me suis dit, hum intéressant, y a ptet un message positif dans le film, genre lueur d'espoir et tout, avant l'été et l'avalanche de régime éclair dans tous les médias, ça sonnait doux à mes n'oreilles. Quand j'ai reçu l'invit' je me suis dit "pourquoi pas ?".

Me voilà donc dans cette salle, en face de 4 actrices qui, clairement, en ont rien à foutre d'être là. Charlotte (Chacha) rit jaune en disant qu'il fait trop beau, les gens vont rester dehors et pas aller au cinéma, du coup son film va faire un flop haha (haha), puis présente ses acolytes une par une (histoire de nous faire croire qu'elle a quelque chose à dire) tandis que Catherine (Hosmalin, toujours) lance des vannes en mode voix off (haha). Et puis d'un coup, elle nous demande de lever la main si certains d'entre nous pensent être en surcharge pondérale.

Hum ?

Pardon ?

On vient voir un film ou c'est une réunion Weight Watchers ? Qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Et toi avec ton gilet vert pomme, on dirait un tonneau d'Orangina rance, je te demande si t'es en surpoids ?

Humour humour haha, on rigole (wouhou) avec le public, des gens se vannent entre eux et pouf, voilà qu'elles sont parties. Au final, on sait pas pourquoi elle a fait ce film, à part qu'elle a toujours voulu faire un film à Bride les bains. Haha. Heureusement que les lumières s'éteignent, j'étais à deux doigts de m'attraper une entorse aux côtes tellement je me bidonnais.

Le film commence et là, le ton est donné. Le pitch : Nina (Lola) est une jeune femme ronde, qui bosse dans la mode (enfin la création de maillots de bain, je crois) avec sa super copine Natacha qui est une bombe... Et bon, ça va à peu près quoi. Sauf qu'elle est mariée à un connard qui lui offre un séjour en cure d'amaigrissement (enfin, elle est juste à tomber la Lola quoi, ronde certes, mais magnifique). Sur place, elle va rencontrer Sophie (Victoria), la cinquantaine quarantaine sexy (une cougar quoi) et Emilie (Catherine), une mère de famille rigolote qui n'est pas si heureuse que ça d'être obèse malgré sa bonne humeur. Toutes les trois vont virer de merveilleuses aventures et faire face à l'origine de leurs problèmes (leurs poids, quoi).

Dès les 2 premières minutes, on comprend rapidement que plutôt que d'opter pour un message léger et drôle mais sérieux, Chacha a choisi de cracher dans la soupe et de se moquer de ses compatriotes gros en long en large et en travers. Des gros, des gros, partout des gros, entrain de marcher, entrain de manger, de faire du sport, que des gros dans des situations pseudos comiques, avant d'enchainer sur la fameuse Nina qui tente d'enfiler un pantalon visiblement trop petit pour elle... d'ailleurs, le pantalon craque. HAHAHA ! trop drole, la grosse a craqué son pantalon. Le public autour de moi est écroulé de rire. Ca tombe bien, le même gag revient dans les 5 minutes qui suivent.

Humour potache, qui tache et qui laisse des traces (d'ennui)... Très coloré et bourrée de généralité, Chacha mise sur les réparties cinglantes et bien pensées de ses personnages, des femmes auxquelles on peu facilement s'identifier mais l'histoire traine en longueur. On aurait pu faire soit plus court, soit plus intéressant. Proposer de l'originalité plutôt que d'enchainer les clichés et les idées reçues sur les gros afin que le films soit plus passe-partout. Et surtout, surtout, l'hypocrisie du film. Genre, vu que c'est tourné par des gros, on peut se moquer des gros : et la grosse qui fait une bombe dans la piscine, et le gros qui casse une chaise alors qu'il est assis dessus... A force de vouloir faire rire, Chacha tourne autour du sujet et ne rentre jamais dedans. Ah si, on va passer 5 minutes à se morfondre tous ensemble pasque oh lala on est gros et oh lala la vie est trop dure, mon mari ne me regarde plus... Pasque bon, on va pas non plus raconter que les gros ont une vie drole et fun hin... Sinon, on va faire péter les stats sur l'obésité en France. Un statement qui arrive bien tard et qui est effleuré rapidement, il ne faut pas rouiller la machine à vanne et à rigolade, car Chacha veut entertainer son public, elle veut faire marrer.
Pis au final, ça marche plutôt bien. A part la seule aigrie de la salle (moi, donc), tout le monde s'est bien marré (certains bruyamment d'ailleurs grrr).
De ses propres mots, Mince Alors ! est sensé être feel good movie, tu dois ressortir de là avec la banane et te sentir bien dans tes baskets.

Effectivement, à la sortie, mon pote Loulou m'a dit un truc du genre "bah tu sais, à voir des gens comme ça, je me dis que je suis plutôt pas mal... ç'aurait pu être pire."
Quand j'ai parlé du film à ma collègue ce matin, elle m'a dit un truc du genre "bah tu sais, en même temps... moi je crois pas qu'on puisse être gros et heureux ! C'est impossible."
Surement que les nanas se regarderont le soir, à pwal devant le miroir en se disant "mouais en fait, y a pire, j'aurai pu être foutu comme Catherine machin". (Effectivement, y a pire. Mais cracher sur le physique des autres, ça rend pas plus beau ni plus mince)

Hum, ok. Donc en fait, j'ai mal abordé le sujet. Ce film était sensé me faire riiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire, me faire compreeeeeeeeeeeeeeendre que j'étais pas si piiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire et que SURTOUT SURTOUT il faut que tu maigriiiiiiiiiiiiiiiiisses pour TOI (et aussi pour te choper un mec). AAAAAAAahhh d'accord.

Il est intelligent ce film, vraiment. Un film avec un message, destinées aux femmes qui, normalement constituées, doivent certainement lire EXACTEMENT le même type de message formaté dans TOUS les magazines féminins qu'elles lisent TOUS LES MOIS... han, de l'inédit quoi.

Ah ouais... hum... OK, my bad les amis. Tous le monde peut se tromper. Maintenant que vous êtes prévenus (ou je vous ai confirmé votre idée sur le film), vous pouvez vous ruer dans vos salles de cinoche dès demain (de toutes façons, il pleut à partir de vendredi - c'est Chacha qui va être contente). Après vous vous sentirez mieux.

Et quand vous verrez des gros dans la rue, vous pourrez leur jeter des cacahuètes... oui oui, comme pour les éléphants aux zoo. Après tout c'est la même espèce non ? Ca sert à quoi un gros finalement ?

[Tentive de désactivation du mode "aigrie"]

[Echec]

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Sofia 03/04/2012 11:30

J'suis vraiment d'accord !
Et si ça t'intéresse, y'a une super critique du film en parallèle avec le livre Royal Roman de François Weyergans :
http://www.newsofmarseille.com/royal-roman-mince-alors/

Dunno 03/04/2012 12:30



Merci, je vais y jeter un oeil ^^



Sogirl 02/04/2012 12:07

Bon, il n'arrivera certainement jamais en Espagne. Tant mieux!

Dunno 03/04/2012 12:30



Peut-être que tu le trouveras un jour au fond d'un panier de DVD à 1 euro :D